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Le Journal de mon Père – Introduction

par | Juil 13, 2020

“Bonne soirée, à lundi !”

L’ascenseur s’ouvre, je monte, et appuie sur RDC.

Après quelques secondes je me rends compte que je souris bêtement en me regardant dans le miroir qui orne son fond.

Il est 18h, nous sommes le 7 Novembre 2014, et le soleil m’attends dehors sur le parvis de la Défense alors que je quitte la tour Europlaza.

Je viens de terminer ma première semaine d’alternance dans un des cabinets de conseil les plus prestigieux de France, voir même du monde, et je ne pourrais pas être plus fier.

À croire que quelques semaines plus tôt, je n’étais qu’à une poignée de jours de me voir renvoyer de mon université pour ne pas avoir trouvé d’entreprise d’accueil avant la fin de la période d’intégration.

Je me souviens encore des mots de notre responsable de licence lors de notre rentrée le 31 Aout :

“Pour ceux qui ne trouveraient pas de contrat en alternance, il y a deux cas de figure. Si vous étiez étudiant de l’université Paris Dauphine l’an dernier, vous pourrez rejoindre la promotion en parcours initial. En revanche, si vous venez de rejoindre l’université cette année, nous ne pourrons pas vous accueillir et malheureusement nous n’avons pas d’autres options pour vous”.

J’avais eu beaucoup de mal à trouver un contrat d’alternance.

Pas étonnant, mes deux premières années d’études avaient été faites à Brive-la-Gaillarde en Corrèze, dans un IUT où nous étions à peine 10 étudiants de ma spécialité en deuxième année.

J’avais d’ailleurs été surpris en recevant l’appel de Dauphine qui m’annonçait que j’avais été retenu pour intégrer la L3 Gestion en alternance.

Mais passons, il fait beau alors que je marche depuis la Défense vers ma colocation à Courbevoie, et je viens de passer la semaine la plus incroyable de ma vie.

Ma nouvelle équipe est fantastique.

Nous sommes 4 à prendre en charge l’ensemble de la communication pour le cabinet en France, et ma mission personnelle serait de prendre en charge l’ensemble du volet digital : site web, réseaux sociaux, contenu, … que des sujets qui me passionnent !

Quelle semaine! J’ai hâte d’appeler mes parents pour leur raconter, je ne leur ai pas donné de nouvelles depuis Lundi soir, mon premier jour, ils doivent être impatients.

Me voilà dans la dernière rue avant d’arriver à l’appartement.

Je sais que Simon mon colocataire y est déjà, il ne travaillait pas cette après-midi.

Ce soir, je pense qu’on va…

Soudainement mon humeur change totalement et je m’immobilise dans ma trajectoire.

Le sourire que j’avais aux lèvres s’efface en une fraction de seconde.

J’ai les épaules lourdes, avec la sensation que tout le poids du ciel et du monde vient de me tomber dessus.

Et sans aucun signe explicatif, en plein milieu de la rue, je me mets soudainement à pleurer.

Je ne comprends pas.

Je n’arrive pas à respirer convenablement, et ma gorge s’est nouée.

Comme si d’un coup et d’un seul tous les muscles de mon corps s’étaient contracté dans une panique mortelle.

Pourtant tout est au beau fixe autour de moi.

Les travailleurs sont au bar du coin de la rue en train de fêter l’arrivée du week-end.

Le soleil brille.

Ma semaine à été formidable.

Je mets quelques minutes à me ressaisir, et toujours sans comprendre, retrouve mon appartement.

À l’époque je ne le savais pas encore, mais ce moment précis où le monde me tombe sur les épaules dans la rue de Bezons à Courbevoie était la fin de la vie comme je la connaissais jusqu’alors.

Dans la soirée, vers 20h30 je reçois un appel de l’hôpital de Périgueux, la ville la plus proche de la maison de mes parents, que je ne décroche pas à temps. En écoutant le message vocal, je suis pris de panique de nouveau.

Ma mère avait récemment développé des problèmes de vue, rendant sa conduite de plus en plus compliquée.

En rappelant le numéro, je tombe sur le standard de l’hôpital. Face à ma voix apeurée, il vérifie la liste des admis dans la journée : ma mère n’y figure pas. Il me rassure donc pour me dire qu’il s’agit sans doute d’une erreur de numéro.

Je le remercie, et essaie d’appeler ma mère dans la foulée.

Pas de réponse. Plusieurs fois.

Même pas de sonnerie.

Il est 22h30 quand je vois enfin le numéro de ma mère s’afficher sur mon téléphone.

Je réponds, et en entendant sa voix, je ressens une vague de soulagement des plus intenses me traverser. Elle va bien.

Mais tout de suite après, je prends la plus grande gifle de toute ma vie.

Elle m’annonce que mon père avait fait une rupture d’anévrisme en fin d’après-midi.

Qu’elle est avec lui et ma plus petite soeur à l’hôpital.

Qu’il est dans un coma artificiel, tenu en vie par une machine.

Que je devais prendre le premier train que je pouvais trouver pour les rejoindre.

C’était fini.

En une poignée d’heures, je suis passé de l’euphorie la plus transcendante, aux ténèbres les plus sombres de ma vie émotionnelle.

J’ai 20 ans, j’habite à Paris depuis 2 mois et demi, et mon père est mort.

Je ne peux même pas me rattacher à des explications médicales.

“Malheureusement ce sont des choses qui arrivent, souvent sans raison claire” nous dit le docteur.

La vie est venue, et la vie est partie. Je n’avais plus qu’à m’y faire.

Introduction – Le journal de mon père

Ce que j’ai compris plus tard en découvrant les détails de l’après-midi où mon père quitta ce monde, c’est qu’au moment précis où une vague d’émotions intenses m’arrête en pleine rue à Paris, mon père perdait connaissance pour la dernière fois, allongé sur un canapé en Dordogne après un mal de tête fulgurant.

Comme si nous étions connecté par quelque chose de plus grand encore que les liens du sang.

Au moment où j’écris ces lignes cela fait bientôt 6 ans depuis ce jour fatidique, et je ne comprends toujours pas comment cet évènement et ce que j’ai ressenti est possible.

Tour à tour j’ai vécu sa mort comme une atrocité, la date de fin de ma vie, un renouveau, un événement fondateur, et bien d’autres choses encore.

Je marche chaque jour sur un long chemin de reconnexion à sa personne, sa vie et son histoire pour tenter de trouver du sens à cet événement a priori si injuste.

 

Pour approfondir cette quête, j’ai décidé de vous partager ici une série d’articles retraçant la vie de Jonathan Burbidge, cet homme parti trop tôt mais dont les histoires et péripéties me servent d’inspiration et de guide au quotidien.

Mon intention avec ces écrits est multiple :

  • Honorer la vie de quelqu’un que j’ai aimé plus que toute autre chose
  • Vous inciter à chercher l’inspiration plus proche de vous, auprès des personnes qui vous entourent et leurs récits
  • Partager et illustrer les leçons de vie mais aussi d’entrepreneuriat que je tire des aventures de mon père

Je profiterai également de cette série pour mettre en lumière ce que j’ai pu vivre pendant ces dernières années au travers de mes cheminements face au deuil, à la mort, et au sens que je donne à ce départ bouleversant.

La plupart d’entre vous n’ont connu ni ne connaîtront l’homme qui était mon père, mais j’espère qu’il saura vous toucher et vous offrir même une once de ce qu’il m’a transmis et continue de me transmettre au quotidien.

 

Bienvenue dans le journal de mon père, Jonathan James Burbidge (1957 – 2014)

Le journal de mon père

Au fur et à mesure de leur publication, je partagerai ici les liens vers chaque article. N’hésitez pas à bookmarker cet article pour les retrouver tous dans le futur.

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